Les principaux obstacles au minimalisme

Quand je me suis lancé dans le minimalisme il y a 5 ans je croyais un peu naïvement qu’il me suffirait de réduire le nombre de mes possessions et qu’en plus ça serait facile. A cette époque j’étais en quête de listes, par exemple de listes d’ustensiles de cuisine ou de garde robe. Et puisque les blogs regorgent de réflexions du genre « le nombre de possession dépend de chacun, il n’y a pas qu’un seul modèle de minimalisme », ce qui bien évidemment est vrai et c’est important de le préciser, mais à cette époque ça n’arrangeait pas du tout mes affaires. Je cherchais des solutions toutes faites. J’étais en train de me heurter au premier obstacle sur le chemin du minimalisme: mon conditionnement. (rien que ça 🙂 )

1er obstacle: le conditionnement

Loin de moi, l’idée de juger qui que ce soit par ce terme, mais en étant honnête avec moi-même, je suis bien obligé d’avouer qu’à cette époque j’étais beaucoup conditionnée, et j’avais du mal à définir mes besoins.

Je me suis mise à copier certains minimalistes, je suis devenue extrême dans ma démarche et au final très loin de mon but recherché de simplification… Le fait est que c’est très difficile de se poser les vraies questions par rapport à ses possessions, de différencier ses besoins des besoins imposés par la société de consommation.

Les pubs font bien leur travail, elles nous poussent à la consommation, et nous avons du mal à y voir clair. De nombreux messages nous sont diffusés, que nous avons tendance a prendre pour des vérités absolues et du coup on ne les remet pas en question. Il est important de pouvoir se faire sa propre opinion en fonction de ses besoins, et s’interroger sur les sources qui diffusent ces informations, quelles sont leurs intérêts nous concernant et qui les finance. Par exemple, on lit partout que les lave-vaisselles sont plus économiques qu’un lavage à la main, mais en même temps si ces informations sont diffusées par les vendeurs de lave-vaisselles quelle légitimité ont-elles? Je ne suis pas en train de dire qu’un lave-vaisselle n’est pas pratique, mais pour savoir si il est plus économique nous pouvons mesurer notre consommation en lavant à la main et la comparer à celle des appareils, sachant qu’il s’agit de tests en laboratoire et qu’ils ont été réalisés dans des conditions particulières. En ce qui me concerne depuis le scandale de Volkswagen, j’ai appris à ne plus croire les industriels sur parole, je me fie à mes expérimentations.

Une démarche de simplification demande de s’interroger de l’utilité des objets et aussi d’expérimenter par soi-même. Et la aussi il faut se laisser le temps, au lieu de faire un gros désencombrement, il est préférable de procéder par étapes, pour laisser nos réflexions mûrir.

2 ème obstacle: le regard des autres

Un autre problème auquel tout apprenti minimaliste est confronté est le regard des autres, ça peut être un regard de pitié du genre; « si elle est dans cette démarche, c’est qu’elle manque d’argent », beaucoup de gens associent encore minimalisme et pauvreté, ce qui est très drôle quand on pense que Steve Jobs, le fondateur d’Apple, était un chef de file du mouvement minimaliste, et que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook s’habille tous les jours pareil… bien évidemment la liste n’est pas exhaustive, cherchez un peu vous même et vous verrez le nombre de personnalités très riches qui pratiquent le minimalisme. Un autre exemple que j’aime bien citer c’est Karl Lagerfeld, c’est un peu contradictoire vous trouvez-pas un grand créateur de mode qui portait tous les jours la même tenue.

Ou alors on passe pour un radin, ce qu’il faut bien l’avouer n’est pas toujours très agréable. Avec les années, j’ai appris à attacher moins d’importance au regard des autres, je n’essaie plus de me justifier, chacun fait ses propres choix, et il y aura toujours des gens pour critiquer ou qui ne comprennent pas notre démarche.

Il y a aussi certains domaines où je m’auto-censure encore, comme par exemple le vernis à ongle sur les orteils. Ça peut paraître insignifiant, mais en été presque toutes les femmes ont du vernis sur leurs orteils. Et moi, pour des raisons de doute quant à la toxicité des vernis à ongles je refuse d’en mettre, oui mais le problème c’est qu’en été j’osais pas être en sandales et montrer mes orteils au naturel. Cet été j’ai décidé de franchir le cap, et de me prendre des sandales, car je me suis rendue compte que les ballerines tout l’été c’était pas fait pour moi. C’est une petite victoire, je suis consciente que j’ai encore du chemin à faire, mais voila encore un domaine où il faut se laisser du temps.

3 ème obstacle: comment se définit-on?

En prenant conscience de cet obstacle, on rentre plus dans une démarche philosophique. Dans notre société de consommation, beaucoup se définissent par l’avoir. Ce n’est plus j’ai une belle maison, mais je « suis ma belle maison ». Il est important de saisir cette nuance, et de bien faire la distinction entre ce que nous sommes comme individus et ce que nous possédons. Car du moment où on se définit à travers nos possessions il est très difficile de lâcher prise et de désencombrer, oui on peut vider son intérieur mais il y a de fortes chances qu’on le ré encombre peu de temps après. Et si pour avoir une bonne image de soi nous avons besoin d’accumuler les biens, notre quête est voué à l’échec, comme disait le sage Salomon il y a 3000 ans « Nos yeux ne seront jamais rassasiés de richesses »

La manière dont on se défini est un grand obstacle, voire même le plus important, je suis loin de l’avoir franchi, le point positif c’est que j’en suis consciente et que je peux donc travailler dessus.

En prenant conscience de notre valeur, nous allons peu à peu nous détacher du matériel, et moins nous laisser influencer par la publicité.

Comment faire? Grande question!!! Je peux pas vous donner une solution, mais vous suggérer des pistes comme par exemple cultiver votre intériorité, la gratitude, développer une relation personnelle avec Dieu…

Mais pour reprendre mon exemple précédent, une maison aussi belle soit-elle reste un tas de briques, et nous avons beaucoup plus de valeur que des objets inanimés, alors arrêtons de nous laisser posséder et définir par eux.

Une réflexion au sujet de « Les principaux obstacles au minimalisme »

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